Je décrie moult injustices congolaises

30 juillet 2017

Le pays va très bien... Trop bien même !!

Le pays va très bien... trop bien même!

Toute la planète, la galaxie, que dis-je, l'univers, n'ignorent guère que la RDC est un véritable paradis concentrant toutes les richesses du sol et du sous-sol possibles et imaginables. On y respire à pleins poumons la joie de vivre. L'air y est pur et transparent, aussi transparent que la gouvernance et la justice en son sein. Les droits de l'homme sont respectés, le taux de chômage frôle le chiffre en dessous de 1 dans l'ensemble N. Les salaires, mirobolants, sont payés régulièrement grâce à une monnaie dont les fluctuations s'avèrent si rares qu'elle pourrait servir d'étalon dans le Bureau des Poids et Mesures. Par manque de délinquants, les prisons se dépeuplent littéralement. Les conditions sont, en fait, à tel point idéales en RDC que le vol, le banditisme constituent une aberration, voire une utopie. La sécurité règne en maîtresse absolue sur l'ensemble du territoire. Vous pouvez, sans crainte d'être décapité, éventré ou démembré pour finir dans une fosse, circuler où bon vous semble et quand ça vous chante sur toute l'étendue du territoire national. La qualité irréprochable du réseau routier vous permettra d'effectuer des périples inoubliables au confort sans pareil. Je profite de ces lignes pour vous rassurer que partout où vous séjournerez, aucune coupure de fourniture électrique ne viendra vous importuner. Du 220 volts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, du 1er janvier au 31 décembre, même dans les villages les plus reculés ! Pour ce qui est de l'eau du robinet, ne perdez ni votre temps ni votre énergie à la faire bouillir, car elle atteint des degrés de potabilité obtenus uniquement à l'Institut Pasteur. À ce sujet, justement, vous aurez remarqué que la profession de médecin tend à disparaître en RDC, faute de malades à soigner et d'hôpitaux pour le faire. Le choléra ? Jamais entendu parler ! Ébola ? des histoires ! La fièvre jaune, la malaria, la typhoïde ? Chez les autres peut-être, mais pas ici...!
Distrait par un élan de patriotisme sans nom, j'ai failli oublier de parler du système éducatif congolais. Un modèle de rigueur, d'excellence, d'efficacité. Harvard, La Sorbonne ou Makerere n'ont qu'à aller se rhabiller ! Le nombre des élites sorties des écoles RDCiennes est impressionnant. Ces grands esprits, monstres d'érudition à l'intelligence supérieure, ont grandement contribué à pousser la modernisation du pays jusqu'à ses derniers retranchements. La RDC transpire le high-tech par tous ses pores, la Silicon Valley faisant de facto pâle figure.
Cet Eden au centre de l'Afrique, nous le devons incontestablement à son président. Un homme bienveillant, éclairé, ambitieux, qui a fait du souci du bien-être de ses concitoyens son cheval de bataille. Un homme droit, ne possédant que très peu, qui a quasiment tout donné à son peuple. Ayant, à deux reprises, organisé les élections les plus parfaites de l'Histoire, il s'apprête à céder le pouvoir à travers un autre scrutin aussi merveilleusement bien organisé que les précédents.
Franchement, les mots me manquent pour poursuivre mon discours, tellement une joie et un bonheur ineffables m'envahissent. Comprenez mon émotion... (snif!!!)

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13 décembre 2016

Bienvenue en Kabilie !

 

Est-ce que tu connais mon beau pays ?
Il a pour nom la Kabilie
Il a les dimensions d'un petit continent
Tout au centre de l'Afrique c'est un géant
À l'énorme fleuve, à la forêt dense
Il a un sol très fertile
Un sous-sol pour pourvu de richesses immenses
Un peuple à l'hospitalité facile
Un paradis, me direz-vous...
Oh, que nenni ! Un conglomérat de voyous

Une pègre cravatée fort minoritaire
Qui possède seule toutes les richesses
Elle opprime le peuple d'une main de fer
Lequel peuple vit des tourments sans cesse
En système s'érige la médiocratie
La corruption est la norme
Elle y prend toutes les formes
Toutes les bonnes mœurs ont été anéanties
Manifester est un péché
Être opposant ? Un crime !
Surtout, ne contestez pas trop le régime
Vous serez arrêté, voire assassiné

Infrastructures branlantes
Au rabais éducation et enseignement
Fourniture électrique vacillante
Taux de chômage ahurissant
Eau potable peu desservie
Soins médicaux de mauvaise qualité
Voilà la vie en Kabilie
Le social du plus grand nombre y fait pitié

Peuple dépouillé, diminué
Peuple sacrifié, massacré
La boucherie de l'Est est une horreur
Les gens y sont découpés
Les bébés même sont violés
Triste spectacle qui vous arrache le cœur

Tout cela, un jour, doit changer
Ô, peuple congolais, toi qui es chosifié
Comme un seul homme, lève-toi
Contre ce système mauvais, révolte-toi
Sur les leucodermes, ne compte pas beaucoup
Ce sont toujours des colonisateurs pillards
Ils désirent voir les Africains à genoux
C'est toujours bon de le savoir
Seul, face à ton destin, combats la barbarie
Du sommet jusqu'à la base, ôte le mal
Les conneries de la Kabilie, abolis
N'offre pas à tes enfants un futur sale !

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18 novembre 2016

Bilan des deux derniers mandats présidentiels à la Kabilie : de franchement pas terrible à carrément merdique...!

Dix ans pratiquement se sont passés depuis la décapitation de l'hydre pentacéphale et transitoire, la bête hideuse ayant laissé place à un régime qui se voulait bienveillant, constructeur, lénifiant le fardeau du Congolais lambda. Les infrastructures étaient censées relever du quotidien tokyoïte, le taux de chômage vertigineusement chuter. Sans compter l'eau, l'électricité, l'éducation, la santé pour tous et de qualité irréprochable. En guise de bonus à cette RDC paradisiaque tant promise, une justice aussi saine qu'impartiale serait la règle et une sécurité sans faille règnerait sur l'ensemble du territoire kabile.

Ce rêve passé après une nuit de sommeil, place à présent à la réalité qui s'apparente à un oppressant cauchemar éveillé. On regrette amèrement d'avoir ouvert les yeux ; on aimerait même plonger dans un coma sans fin pour ne pas vivre c'est que le Congolais rdcien vit et endure au plus profond de sa chair et de son sang.

En une décennie de régime kabile, aucune route d'importance n'a été tracée ; quelques-unes ont été réhabilitées, le plus souvent en partie et sont presque toutes rapidement tombées en délabrement faute d'entretien. Quant aux immeubles, des éléphants blancs de tout gabarit se sont illustrés à travers la capitale. L'Hôpital du Cinquantenaire en constitue un triste exemple. Le volet éducation n'est pas mieux : la gratuité de l'école primaire n'a eu de gratuite que la promesse. Par ailleurs, alors que le niveau de l'ensei-gnement chute vertigineusement, aucun établissement n'a été construit et très peu ont été réfectionnés. Et je passe sous silence le taux de desserte en eau potable, ainsi que la qualité de la fourniture électrique, lesquels n'ont subi que de notables régressions. On attend toujours les réalisations du projet mirobolo-pharaonique Inga II (ou III, je ne sais plus). Je préfère également me taire s'il s'agit de s'attarder sur le chantier emploi. Pour-quoi en effet commenter sur l'administration publique de notre beau et cher pays qui, nul ne l'ignore, engage à tour de bras, le chômage étant, ipso facto, un mauvais souvenir ? Encore que je passe sous silence les innombrables cas d’impaiement qui, ces derniers jours, augmentent de manière exponentionnelle. Et la « chanson » de la santé ? La RDC est bercée, de façon plus insistante chaque jour qui passe, par la douce et macabre mélopée des âmes fauchées par une liste de maladies plus longue que celle des conquêtes de Casanova. Au lieu de restaurer certains centres de santé existants ou d'en construire plusieurs de modeste taille, les autorités kabiles, dans leur démarche d'une rare irrationalité, ont préféré dépenser des milliards dans un mastodonte de couleur claire précédemment cité en ces lignes. En somme, les cinq « chansons » résonnent plus tels des vents intestinaux, comme l'a si magistralement est mieux écrit que moi un internaute avisé, six ans plus tôt : http://rouspecteur.afrikblog.com/archives/2010/08/05/18750884.htm

Le temps passant, ces douteuses flatulences se sont métamorphosées en véritables pets foireux dont la révolution de la « merdernité » est le digne et malodorant résultat. Aé-rogare ultra-moderne par-ci, passerelles par-là. Sans parler des robots et immeubles in-telligents et autres malchanceuses fibres optiques. De la poudre aux yeux, répandue à coups de millions pour distraire la population dont le quotidien se trouverait nettement amélioré si tout cet argent dépensé l'était judicieusement.

La distraction des « cinq chansons » et le souffle méphitique de la « révolution de la mer-dernité » n'ont rien produit de bon ni de durable non seulement de par leur nature pompeuse et illusoire, mais surtout parce qu'ils ne reposaient guère sur un socle solide que constituent la justice et la sécurité, deux composants avérés de l'État de droit.

Les violations des dispositions légales (voire, à maintes reprises, de la Constitution), les procès bidon les arrestations arbitraires d'opposants ne se comptent plus. La pègre du régime kabile opère impunément bien au-dessus des lois de cette République qualifiée à tort de démocratique, à l'instar de la République populaire démocratique de Corée du Nord ! Les scandales financiers et autres détournements se succèdent à un rythme sinis-trement soutenu et effréné. S'il y a bien des coins sur cette planète de fous où un nombre incalculable de gros voyous bien connus et identifiés agit à visage découvert au lieu de raser les murs, le patelin rdcien en est l'un d'eux. S'il fallait instaurer un top ten dans ce sens, il occuperait sans nul doute la 0e place du classement !

Ces bandits de grand chemin au sommet, non contents de contribuer activement à la déliquescence du bien-être en RDC, participent sans relâche à l'élimination physique de la population nord-kivutienne. Une boucherie plus que macabre d'une atrocité absolument indescriptible, sous le regard malveillant de la communauté internationale. Les enjeux, obéissant à un plan démoniaque, sont tellement bien connus qu'ils relèvent du secret de polichinelle : occupation de la région par nos chers petits voisins rwandophones et, d'une pierre deux coups, exploitation illégale, par les leucodermes et les xanthodermes, des richesses minières dont regorgent ces lieux.
À suivre...

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06 mai 2015

La TNT à la Congolaise : quand la folie gagne le gouvernement, une fois de plus

Dans sa livraison du jeudi 30 avril 2015, le Potentiel a fait l'économie d'un énième point de presse du volubile ministre des médias. Ledit point de presse annonçait, entre autres, pour le 17 juin prochain, la mort de la TV analogique en RDC au profit de la télévision numérique terrestre, TNT en abrégé.

Cette nouvelle pourrait réjouir si elle n'était pas accompagnée d'une autre, carrément délirante : interdiction d'importation, sur toute l'étendue du sol rdcien, d'anciens récepteurs analogiques ! Soi-disant pour correctement opérer le passage au numérique...

Dans les lignes qui suivent, je vais, en peu de mots, vous expliquer pourquoi cette lubie confinant à un trouble sévère de l'esprit comporte un caractère à la fois impopulaire, liberticide, voire méprisant pour la grande majorité des habitants de notre semblant de pays.

Période transitoire plus que trop courte

Il paraît que c'est depuis 2013 qu'il a été demandé aux stations de diffusion des émissions télévisuelles de changer d'équipement afin de transmettre en numérique. Certains individus à la réflexion retorse argueront que deux ans s'avèrent suffisants pour opérer ce changement de système. À ces tristes personnages, soit mal informés, soit d'une mauvaise foi morbide, je rétorquerai que partout où s'est imposée la TNT, l'État a dû s'impliquer financièrement afin de rendre douce la transition, celle-ci s'effectuant de manière graduelle avec coexistence des deux types de diffusion, jusqu'à la supplantation de l'analogique pour le numérique. Et cette coexistence prend le temps qu'il faut : elle a duré près de dix ans en France, État disposant pourtant de meilleurs équipements et de moyens nettement plus considérables que notre clocharde RDC. Bref, laisser aux professionnels des médias deux minables années, sans leur faciliter la tâche, afin qu'ils se « modernisent », voilà de l'utopie à haut voltage !

Concernant les téléspectateurs lambda comme vous et moi, ils seront le plus pénalisés. Eux, ils n'ont été informés du passage au tout numérique qu'il y a à peine une semaine et demie ! Et ils n'auront environ qu'un mois et demi à dater de la publication de ce post pour se conformer, de peur de ne plus rien recevoir comme images. Par « se conformer », j'entends soit posséder un téléviseur adapté, c'est-à-dire un écran plat, soit posséder un décodeur idoine.

Là, nous quittons le domaine de l'utopie pour entrer de plain-pied dans celui de la démence.

En effet, compte tenu des misères que touchent la grande majorité des Congolais, je ne sais pas par quel tour de magie s'opérera le remplacement d'une Sharp 14 pouces par un Samsung 22 pouces au moins cinq fois plus cher. Quant aux décodeurs, certes nettement moins coûteux que les téléviseurs à écran plat, je souhaite bien du plaisir aux vendeurs, qui devront en distribuer à plusieurs millions de foyers à travers le territoire de Kabila... !

De l'interdiction d'importation des vieux téléviseurs

Je me demande, en toute sincérité, quel est le lien logique entre la vente d'un téléviseur analogique et la diffusion en TNT. S'agit-il d'une arme meurtrière, d'un produit illicite ? Bref en quoi l'achat ou la vente d'un téléviseur analogique importé nuirait-il à l'ordre public et aux bonnes moeurs ? Le consommateur n'a-t-il plus le droit d'acheter un téléviseur, voire de ne pas suivre les chaînes numériques ? C'est que l'usage d'un téléviseur n'est pas exclusivement tourné vers la captation des stations : on peut s'en servir pour jouer à des jeux vidéo ou pour suivre un DVD...

Comme vous pouvez le constater cette mesure d'interdiction n'obéit à aucun principe juridique ou de bon sens. Pour prendre pareille décision, il faudrait avoir le cerveau particulièrement dérangé... !

Pour conclure

Gageons que cette élucubration sentant le dérèglement mental a des lieues à la ronde ne trouvera pas application de sitôt. Au cas où, malgré tout, par un aussi étrange que malheureux concours de circonstances, elle serait effective, je parie mon plat de lentilles qu'à sa suite naîtront de sérieux mécontentements qui peuvent fort bien dégénérer en émeutes, à l'instar de ce qui s'est produit en janvier. Chose nullement souhaitable... !

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17 septembre 2011

DÉMANTÈLEMENT (TRÈS) SUPERFICIEL DES POINTS SAILLANTS DU DISCOURS ABRACADABRANT PRONONCÉ PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMO(

DÉMANTÈLEMENT (TRÈS) SUPERFICIEL DES POINTS SAILLANTS DU DISCOURS ABRACADABRANT PRONONCÉ PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMO(N)CRATIQUE DU CONGO LE 14 SEPTEMBRE 2011 DANS SA FERME ULTRAMODERNE. ET AUX FLATTEURS D’ACCLAMER…

D_MANT_LEMENT

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19 août 2010

CONDITIONS D’EMBAUCHE AU SEIN DE LA COMPAGNIE NUMPORT KUAH MINING sprl

- Être de nationalité étrangère (de préférence libanaise, pakistanaise ou indienne), accessoirement de nationalité congolaise

- Avoir au moins cinq ans d’expérience dans le domaine du blanchiment d’argent ou des trafics aussi diversifiés qu’illégaux les uns que les autres. Sinon, tisser de solides relations avec les faucons du régime

- Parler anglais ou arabe

- Manier à la perfection l’outil informatique, spécialement Excel et Access, avec maîtrise des scripts VBA, pour flouer les agents de

la DGI

- Avoir au moins 20 ans. D’ailleurs, plus on est vieux, mieux c’est, question d’expérience… Mais pas trop vieux non plus, hein ?

- Être marié(e) à un membre de la famille présidentielle ou de son entourage, question relations…

- Savoir manier autant un couteau de boucher qu’une kalachnikov

- Développer et observer un sens aigu des affaires (louches, en fait)

- Posséder très peu de valeurs chrétiennes et pas du tout de sens moral

- Savoir travailler sous pression, même sous les multiples menaces du Parquet et de l’ANR

Date limite de dépôt des dossiers : le jour de l’élection d’un nouveau président en République Démocratique du Congo.

Les candidatures féminines sont fortement encouragées, surtout si la meuf est canon, minijupée et stringuée. Ça aide pour la corruption morale.

 

 

Fait à Kinshasa, le 18 août 2010

DEZOR DRORGANIZEH

Directeur des Ressources Humaines.  

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05 août 2010

LES CINQ CHANTIERS 45 MOIS PLUS TARD : DU FLAN !

N.B. : Ce topic fait suite au pamphlet ci-contre et à l’article en lien.

Chantier n°1 : infrastructures

Kin-la-Poubelle est belle à admirer du côté nord (et seulement de ce côté-là). Élargissement du Boulevard du 30 Juin, du Boulevard Triomphal qui, triomphalement, rejoint désormais l’Avenue de la Libération (beau jeu de mots !) ; éclairage renforcé sur certaines artères, fontaines illuminées et tout le tralala. Il se peut que la même chose se reproduise le long du Boulevard Lumumba et au niveau de l’Échangeur.

Bien jolis, ces efforts de souris neurasthéniques, véritables distractions orchestrées en vue de faire croire aux esprits faibles et lourds que le Gouvernement travaille. Où sont les débuts de commencement d’ébauches d’autoroutes ? Quel bâtiment d’importance l’État (enterré et désintégré) congolais a-t-il édifié à ses propres frais ? Oui, je sais, on réhabilite quelques voies à l’intérieur du pays. Mais à pas de tortue et les conséquences pratiques se font entendre. Comme me disait assez ironiquement un des potes de l’un de mes potes (qui n’est pas mon pote) : « On ne bouffe pas l’asphalte pour calmer sa faim et on ne boit pas les jets d’eau publics pour étancher sa soif ».

Et les chemins de fer ? Les trains  qui roulent dessus ? C’est pour quand ? Le 4e jeudi du mois de septembre 2011 ?

Chantier n° 2 : emploi

Comme je l’écrivais deux ans et demi plus tôt, les choses n’ont pas changé en bien depuis des décennies : chômage à 95%, exploitation sauvage de l’homme par l’homme dans le milieu du travail, salaire à la hauteur inverse des prestations fournis, non-paiements érigés en norme, pistons dans des postes nobles d’individus méprisables (cf. concours chiqué de bout en bout de la magistrature). Mais parlons un peu du non-paiement. Dans ce bled de nigauds, même les députés nationaux ne touchent pas un salaire régulier. Ne parlons même pas de la Fonction Publique qui connaît des arriérés évaluables en années. Et que dire de l’Armée, du corps enseignant, des médecins ? L’un des cas les plus dramatiques à ce jour est celui de la compagnie d’aviation des Lignes Aériennes Congolaises (LAC) dont les employés ont senti l’odeur d’un salaire digne de ce nom il y a plus de 15 ans !!! Tout récemment, un geste de je ne sais plus quel Ministre a été posé. Il semble fort malheureusement que le pèze, aussitôt débloqué, a été aussitôt détourné, au point que personne (à part deux ou trois chefs, tiens tiens !) n’en a vu l’aspect ni apprécié le goût.  C’est d’ailleurs de cette ignoble manière que la solde des militaires se volatilise de temps à autre, trop souvent d’ailleurs...

2010, année du social ? Mon cul terreux, ouais !

Chantier n° 3 : éducation

Profs mal payés = enseignement bâclé. Même le plus idiot des crétins appréhendera la teneur de cette équation. Et en RDC, plus on est mal instruit, plus grandes sont les chances de réussir. L’exemple le plus patent fut les résultats d’examen d’État, édition 2009-2010, spécialement à Kin, la Mecque de la médiocrité où tout esprit bas devrait faire un pèlerinage annuel. Cet examen d’État ? Une vaste blague doublée d’une gigantesque fumisterie. Les points ont été distribués comme des petits beignets cuits à l’huile de transfo haute tension (une spécialité kinoise fort prisée). Des cancres de la pire espèce se sont retrouvés avoir 75, voire 85% !!! Douloureux contraste, de brillants élèves ont à peine franchi la barre des 55%, voire ont échoué ! Il se raconte que dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC (une autre plaisanterie d’un goût merdique), on aurait ajouté aux élèves une dizaine, d’autres affirment d’une vingtaine de pourcents, histoire qu’ils se réjouissent avec tout le monde. En vérité, selon des sources de foi et concordantes, les « fuites » des corrigés d’examens ont transité, à coups de dollars et de billets de 500 Fc, d’écoles en écoles, d’inspecteurs en promoteurs !

Pauvres futurs étudiants, qui ne savent pas, pour la plupart, écrire en la langue de Voltaire une longue phrase sans commettre trois fautes de grammaire et deux fautes d’orthographe. Pauvres futurs étudiants dont le parler est désastreux, le discours branlant, le raisonnement parsemé de trous… mais dont l’art de la magouille est parfaitement maîtrisé, dans tous ses arcanes les plus obscurs.

Éducation de mes deux (couilles ou fesses, au choix…) !

Chantier n° 4 : eau et électricité

Les rares fois que l’eau jaillit d’un tuyau (bien souvent troué, mais l’exception confirme la règle) de la REGIDESO, cette vampire, je vous conseille le plus vivement du monde de ne pas la boire sans l’avoir préalablement stérilisée. L’eau du puits est plus potable, je vous assure… Et pour enfoncer le clou, spécialement à Kin, la Lourdes de la bêtise, une certaine autorité a décidé d’interdire la vente des sachets d’eau à 50 Fc au profit de la commercialisation de l’au en bouteilles de verre, dix fois plus chères ! Paraît que c’est pour des raisons environnementales, les sachets empêchant la bonne infiltration des eaux de pluies. Vraiment un bled de timbrés, la RDC ! Déjà que la qualité de l’eau du robinet laisse à désirer, il cruel de compliquer la vie aux habitants en leur rendant difficile l’accès à un liquide aussi vital. Au lieu de prohiber la fabrication des sachets, qu’on emménage suffisamment de poubelles et qu’on se lance dans le recyclage. Deux vœux pieux dans le patelin rdcien

Autant le soi-disant État congolais n’a pas implanté de nouvelles installations de distribution de flotte depuis 2006, autant la fumeuse (et fumante) SNEL, ce zombie, n’a pas réhabilité ses équipements depuis… ? Une semaine plaine sans interruption de fourniture électrique dans la capitale ? Un rêve éveillé ! Plus du tiers des quartiers kinois se rappellent comme d’un vieux conte le courant à 220 V : suite aux problèmes inextricables de câbles, soit les ampoules s’allument telles des braises, soit au contraire les appareils sautent à cause des surtensions. Le reste du patelin, hormis les grandes villes et les microcentrales, brille par son obscurité la nuit. Encore plus grave : la RDC se met à importer le courant d’Uganda (électrification du poste frontière de Kasindi et de ses environs) ! Vive les cartes prépayées en guise de factures : elles prendront l’humidité et la moisissure…

Bref, le problème énergétique sur la terre de Kabila ne se pose plus pour les autorités du bled : ça fait un bail emphytéotique qu’elles n’en font plus un problème…

Dernier chantier : santé

Dieu Tout-Puissant Créateur de toutes choses (même des ordures aussi putrides que certains politiciens congolais) aime la population de l’ex-Zaïre qui flirte avec la mort à chaque milliseconde. À travers rues et artères, dans le transport en commun comme chez soi, on se trimballe avec plusieurs représentants de la gent microbienne, parfois en des proportions mortelles, sans qu’on soit affecté le moins du monde. Un Occidental ne survivrait pas bien longtemps à un tel cocktail-Molotov infectieux. Ici en RDC, la grippe A cohabite dans un même organisme avec la malaria, le choléra et la typhoïde… mais le porteur est sain !

Dame Nature et sa collègue de tous les instants Dame Providence ont doté le Congolais d’une aussi grande capacité de résistance en vue de faire contrepoids au manque hurlant d’hôpitaux dignes de ce nom, comme le semblant État congolais sait en construire un tous les demi-siècles. Je ne me lasserai jamais de le répéter, ne citez pas en exemple l’Hôpital de Dikembe Mutombo, nullement érigé aux frais de l’État congolais (introuvable, car totalement désagrégé dans son sépulcre). Et je n’ose même pas évoquer les hôpitaux dits « de référence », pullulant à travers le bled. « Référence » en tant que mouroir ! La Camarde y fait les cent pas quotidiennement et sa symbolique faux s’y est même émoussée à force de trancher les fils de vie des patients…

Si les anticorps des Congolais, malgré leur robustesse surhumaine, ne parviennent toujours pas à avoir raison des agents pathologiques, il peut à loisir se tourner vers la médécine dite traditionnelle, riche en potions et onguents, ainsi qu’en charlatans et affabulateurs de tous ordres et de tout poil. Bonne guérison !...

Conclusion

Dire que le 1/10e des utopies kabiliennes nommées « chantiers » a été réalisé serait faire preuve d’optimisme pathologique ou de mythomanie fort avancée. Long s’avère le chemin à parcourir et improbable la destination.

Les cinq chantiers, c’est vraiment des vents (intestinaux).

 

 

 

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20 juin 2010

(MAL)HEUREUX CINQUANTENAIRE RDCIEN

Voici en PDF un merveilleux texte sur le cinquantenaire RDCien :

cinqq

Bonne lecture !

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28 mai 2010

DOSSIER MUKONKOLE : UNE ÉNIÈME PREUVE DU NON-DROIT EN RDC

1. Les faits grosso modo

Mercredi 26 mai dans la journée, une convocation émanant du Parquet Général de

la République

est reçue par l’Honorable Martin MUKONKOLE. Nous ignorons si ladite convocation a été déposée à domicile ou remise en cours de route au concerné. Le Député National ne peut y répondre, car, semble-t-il, empêché pour des raisons familiales. Quelque temps après, parvenant à se dégager de ses occupations, après cafouillages quant à l’endroit où il devrait être entendu, c’est au Parquet Général de

la République

qu’il apprendra qu’il est en état d’arrestation ! Le lendemain vers 9 h,

la Cour Suprême

de Justice (CSJ) organise un procès. L’élu du peuple aurait trempé dans du recel de véhicules volés et a été déféré devant

la Justice

pour cause de flagrance (!). Les hauts magistrats, sentant et voyant du flou dans ce dossier, prennent la décision de mettre le Député sous résidence surveillée, le temps que

la Cour

se prononce quant à la flagrance ou pas de l’infraction retenue, laquelle décision se matérialisant par un arrêt. Comble de l’étrange, à la sortie de la salle d’audience, l’Honorable Martin MUKONKOLE est, dans la surprise générale, emmené par un véhicule de

la Police

, non pas at home, mais vers une destination d’abord pas très connue, ensuite à

la Prison Centrale

de Makala !

2. Les bizarreries et monstruosités juridiques

Décidément, l’affaire brille par l’épaisseur de son obscurité. On se demande franchement par quel tour de passe-passe légal un Parquet peut s’arroger le pouvoir de lancer un acte de poursuite contre un Député National revêtu de ses immunités, celles-ci ne lui ayant jamais été retirées. Pire ! Comment donc ce même Parquet a-t-il l’outrecuidance de procéder à l’arrestation d’un élu sans accord de la plénière ? Flagrance ? J’en pleure encore à force de rire ! Avez-vous déjà appris en RDC quelqu’un se faire chopper en train de receler des véhicules volés, en pleine action de recel ? Je vous informe que Monsieur MUKONKOLE ne fut pas attrapé la main dans le sac. Par quelle magie télépathique le Parquet peut-il faire la différence entre un achat régulier et un achat irrégulier lorsque le bien acheté n’est pas hors commerce ? De plus, pourquoi lancer une convocation en cas d’infraction flagrante ? À moins que la convocation n’ait rien à voir avec l’infraction de recel ? Je me perds et c’est très nébuleux…

Mais il y a mieux :

la CSJ

, pour une raison que je n’arrive pas à comprendre, prend le parti d’assigner l’Honorable à résidence surveillée (en effet, un Député National ne peut être détenu : articles 111 et 112, Procédure devant

la Cour Suprême

de Justice). L’arrêt de

la Cour

, quelques minutes plus tard, est violé, au vu et au su de plusieurs personnes qui virent de leurs yeux vus un véhicule acheminer l’Honorable MUKONKOLE quelque part, mais pas dans sa résidence ! Quelle est donc cette autorité qui ose braver une décision de

la Cour Suprême

de Justice ?

Des magouilles aussi impunément réalisées et de manière si spectaculaire me rappellent étrangement l’épais et volumineux dossier de l’Honorable PALUKU wa MUTHETHI qui a vécu et continue à vivre des injustices juridiques et judiciaires abracadabrantes. Tout Député National qu’il est, il a été arrêté sans autorisation du Parlement, condamné plusieurs fois dans des tribunaux ordinaires (et non à

la Cour Suprême

de Justice) et ce, sans qu’on ait levé ses immunités. En prison, il a même été enlevé nuitamment sans que le Ministère de

la Justice

ne soit au courant de son transfèrement !

Quand cela arrive, il n’y a que deux causes : hautement politiques ou hautement financières, ou les deux. La question est alors celle-ci : qui sont les mains noires qui tirent les ficelles, baisent la justice ? Dans quel intérêt ?

Affaire à suivre…

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