Ce si beau Congo, un pays de c... où...

L'un des rares bleds au monde (si pas le seul) où...

... On répare des batteries

Même complètement amorties

... Les agents de circulation

Passent bien l'éponge à toute violation

À toute infraction du code de la route

Quand - et c'est ce qui dégoûte

On leur tend un billet dans le creux de la main

Juste de quoi payer un pain

... Des tas de ferraille fumants

Parodie de voiture ou de taxi-bus

Démarrant au fil de courant

Dont les semblants de siège perturbent l'anus

Dont toutes les portières menacent de choir

Dont le frein et le volant ne sont qu'accessoires

Sillonnent sans inquiétude

Les voies très mal entretenues du patelin

Avec un tapage pareil à celui d'un train

Une silhouette qui plonge dans l'hébétude

... Les tomates se vendent en demi-boîtes

On dit qu'c'est la misère, soit... !

... On ne se gêne pas de se dire chrétiens

Et de prier plus que de raison

Alors qu'on se comporte en véritables païens

Vivre sa foi, c'est plutôt réservé aux cons

... Les gens croient qu'ils souffrent parce qu'ils prient beaucoup

Alors qu'ils suent parce qu'ils sont de mauvaise foi

Comment donc de Dieu ne pas subir le courroux

Lorsqu'on ne cesse de violer Ses saintes lois ?

... Des véhicules avec chaises

Sont réaménages pour qu'on y mette des bancs

On s'y assoit à cinq dans un grand malaise

Avec le bétail, l'homme ici n'est pas différent

... À l'arrière du taxi, on s'installe

Ou debout on se met devant

Prétextant le retard, qu'on court derrière le temps

Que voilà une bassesse phénoménale !

Police et armée veulent dire terreur

Rançonneurs et trouble-fête

Leurs tracasseries donnent des maux de tête

Leur non-sens du devoir pétrifie de stupeur

... On préfère dépenser de folles sommes

Dans des divertissements de toutes sortes

Cependant, ces mêmes hommes

Sans gêne, ferment les portes

À des actions collectives salutaires

Surtout dans le domaine du sanitaire

C'est bien une irresponsabilité totale

Les esprits sont liés, dans un milieu carcéral

... On peut dérober des millions

Dans une parfaite impunité

Sans même pas une seule fois être inquiété

Les maîtres verbes sont « volons », « spolions », « raclons »

... Deux constitutions s'appliquent en même temps

Celle dite de transition

Et un ramassis de textes incohérents

Horribles dans la forme comme dans le fond

... Pas un seul, mais cinq présidents parachutés

Issus d'aucune urne, même informelle

Au passé fumeux et très lourdement chargé

De génocides à la pelle

Dont certains de nationalité douteuse

Dirigent le bled de façon hasardeuse

Des apprentis politiciens

Des gouvernants d'opérette

De la destruction les gardiens

Ces cinq charlatans ont tous les plombs qui pètent

... Les dimensions du pays (de nom, bien entendu)

Et ce qu'on appelle budget

C'est comme un gratte-ciel et une simple grue

Une montagne à côté d'un petit galet

La disproportion est énorme

C'est rigolo et pathétique, en somme

Bled riche en puissance et ce, insolemment

Avec un budget sordide et ce, étonnamment

Le bled Congo serait-il une res communis ?

Un repas riche en saveurs et en épices ?

Dont se serviraient à cœur joie les étrangers

Et dont nous, pauvres autochtones, serions privés ?

... Les non-nationaux, toutes races confondues

Jouissent de droits exorbitants

C'est eux les vrais patrons, de pouvoir tout repus

Le pauvre Congolais se retrouve mendiant

... On a peur même d'essayer

De tenter de revendiquer

Les droits les plus élémentaires

On adore trop se taire

SNEL, cette zombie, coupe l'électricité

REGIDESO la vampire nous prive d'eau

À la fin du mois, une facture très salée

Laissez-moi donc vous dire ceci tout de go :

SNEL et REGIDESO nous prennent pour des cons

Nous payons très cher des fournitures bidons

J'ai ainsi parlé et qui est derrière moi ?

Personne : même d'oser, on a la trouille...

On aime vivre notre misère avec joie

Notre sort, notre malheur, on s'en bat les couilles