DIATRIBE BIBOSIENNE

Je m'estime particulièrement heureux

D'avoir vécu à Kinshasa

Exempt de la mentalité de mon milieu

Je dis cela de vive voix

BUTEMBO, ville prospère

Dont du climat les gens peuvent certes, être fiers

Mais également BUTEMBO, bled gangrené

Cité à la conscience globale pourrie

Enfer social, parfait cauchemar pour la vie

Y rester donne la nausée

Une néfaste trilogie plane sur Bbo

Marquée sur elle comme un sceau

Racontars, hypocrisie, tertio jalousie

En effet, y dégradent grandement la vie

Je m'en vais les développer

Grâce à mon habituelle prose rimée

Hommes, femmes comme enfants

À la maison et dans les rues

Prennent goût à tenir des propos indécents

Par des penchants infernaux mus

Les « on dit que... », « il paraît que... », « tel a fait ça...
»

Les murmures derrière quelqu'un qui passe

On en remarque tellement qu'on se lasse

Les gens se racontent tout et n'importe quoi

Généralement, des propos calomniateurs

À la limite, discourtois

Des ragots de toute grosseur

Ils s'y adonnent à cœur joie

Les gens probes, sans preuve, passent pour voleurs

La racaille est adulée

Ils adorent salir l'honneur

Suite à leurs méthodes, plusieurs sont méprisés

Le Bibosien n'est pas seulement propagateur

Des histoires fabriquées de toutes pièces

Et des rumeurs de forte honteuse bassesse

Son hypocrisie peut vous glacer de stupeur

Riant et jouant avec vous tout en vous empoisonnant

Tenant compagnie tout en vous assassinant

Ici, à Bbo, on détruit l'individu

À petit feu, insidieusement, par ruse

Pour ce, on use de moyens retors, tordus

Dans un silence coupable, sans excuse

Cette atmosphère où on ment sans gêne

Où on fomente des plans abjects dans l'ombre

Est régie par la jalousie et la haine

Ce sont des vices qui rendent les cœurs sombres

On veut à tout prix votre peau

Parce qu'on apprend que vous avez étudié

Peu importe votre niveau

Peu importe compétence et qualité

On désire ardemment vous éliminer

Pour la raison que vous faites concurrence

Vous êtes calé en finances

Ça ne peut pas les égayer

Le simple fait de parler français rend jaloux

Votre affaire marche, ça attire le courroux

De misère le salaire

Des gérants de ces commerçants

Commerçants toujours méprisants

Plein d'orgueil, de suffisance, sans cesse fiers

Ayant peur d'être un jour supplantés

Vu leur mentalité bornée

Bbo, pôle économique

Tut te comportes très paradoxalement

Tes habitants de manière excentrique

En ton sein, les gens vivent assez bizarrement

En effet, Bbo, tu es monotribale

Les gens se considéreraient comme frères

Le constat est malheureusement archi-amer

Que les gens se vouent une haine viscérale

On dit, BUTEMBO, que tu te développes

Les maisons poussent en toi comme des champignons

Les magasins aussi, on croirait l'Europe

En toi, on vend des marchandises par millions

Que voilà de la poudre aux yeux

Pour tromper les plus crédules

Embellissement fallacieux

C'est s'enfermer dans une bulle

Que de porter crédit à ce bon gros leurre

Il s'agit bien d'une arnaque majeure

Développement rime avec pouvoir d'achat

Lorsqu'il est trop bas dans le chef des habitants

Misère est le mot adéquat

Même si dire le contraire est tentant

Pour le mal bibosien, un seul remède

Changement de mentalité

De tous les commerçants, paysans, vendeurs, ouvriers

Oui, il faut transformer l'esprit de ce gros bled

Que de village, Bbo devienne ville

Que les individus ne deviennent plus hostiles

À de nouvelles impulsions

Des initiatives, qu'il y en ait à foison

Qu'on cesse de mettre des bâtons dans les roues

Que prennent fin les cupides et les jaloux

Que soit rayée la misère, la pauvreté

La survie quotidienne, la précarité

La déstabilisation, l'insécurité

Vous me direz : ça relève de l'utopie

Ces délicieux propos pour les oreilles flatteurs

Je sais que le monde parfait est une lubie

Et qu'y tendre relève de la gageure

Ce que vous affirmez là, en fait, n'est pas faux

Il s'agit juste d'un idéal

Qui ne pourra jamais s'appliquer in toto

Ce ne sont que des solutions générales

Néanmoins, les mettre en pratique, même en partie

Et même petit à petit

Constituera pour BUTEMBO une panacée

Le bon vivre y régnera

Le climat social n'en sera qu'amélioré

Et véritables frères on s'appellera